Declan O’Brien, Détour Mortel et Une Virée en Enfer.

Oui, trois sujets pour le prix d’un. Aucun de ces sujets n’est dissociable des deux autres, et ça me fait mal de devoir en parler. Pour une fois, je me suis dit que je devais vous parler d’une partie cachée du cinéma : la médiocrité. Par où commencer ?

Une Virée en Enfer (2001) de John Dahl est un film qui me tient à cœur parce qu’il s’agit là de l’un de mes premiers films d’horreur. Ll est fortement représentatif des bons slashers à regarder un samedi soir avec un sachet de pop corn. Objectivement, le film est sympathique et présente une bonne histoire écrite avec talent et… J. J. Abrams en est justement le scénariste. Cette information vaut son pesant d’or à mes yeux !

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Une virée en enfer (2001) de John Dahl

Synopsis : Lewis (Paul Walker) s’apprête à traverser les Etats-Unis pour aller chercher son amie Venna (Leelee Sobieski) en compagnie de son frère Fuller (Steve Zahn) fraîchement sorti de prison, mais ce dernier fait une blague à un camionneur par l’intermédiaire de la CB de la nouvelle voiture de Lewis en se faisant passer pour « sucre d’orge », qui envoie « clou rouillé » (Ted Levine) dans un motel afin de coucher avec, mais l’envoie en réalité dans la chambre voisine de la leur. Le lendemain matin, leur voisin est retrouvé mutilé dans sa chambre. « Clou Rouillé » n’en a pas fini avec eux…

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Film sympa, je vous le recommande lors d’une nuit blanche auréolée d’un peu d’alcool et de pop-corn !

C’est une histoire simple, efficace, le film est réalisé correctement et les acteurs rendent les personnages attachants. Une Virée en Enfer prend le parti de ne pas trop montrer la menace qui plane sur eux, et comme c’était déjà le cas pour une centaine d’autres films (Les Dents de la Mer, Alien, Cube etc), cela offre une atmosphère plus oppressante. Que demander de mieux ?! Une suite ? Et c’est là le drame : Une Virée en Enfer 2 (2008) de Louis Morneau est sorti en Direct To DVD.  Je ne vais ni le défendre, ni l’attaquer, ni même en parler. Je n’ai pas grand-chose à dire dessus, j’ai vu mieux, j’ai vu pire, et j’ai surtout vu plus décevant. Le film est passé inaperçu et c’est bien normal. Le truc c’est que, je ne m’attendais pas à revoir encore une suite. Malheureusement la vie est sadique…

Je vais donc m’attaquer à Une Virée en Enfer 3 (2014) de Declan O’Brian, mais pour ce faire je dois m’attaquer à un autre sujet lié au film pour vous expliquer à quel point choisir Declan O’Brian comme réalisateur c’est tomber loin dans la déchéance cinématographique : la saga Détour Mortel

Détour Mortel (2003) de Rob Schmidt et Corentin Maudet initie ce qui sera l’une des pires sagas de slashers horrifiques que j’ai pu voir de ma vie. Ce premier opus n’est pourtant pas si mauvais.

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Détour Mortel (2003) de Rob Schmidt et Corentin Maudet

Je ne vais pas faire de véritable synopsis ici car il faudrait que j’en fasse pour les 5 films de la saga, et que je préfère clairement me couper un bras. Mais concrètement le postulat de base est finalement plutôt original : des personnes se retrouvent coincées dans une forêt où des cannibales consanguins déformés veulent les tuer. C’est comme ça dans tous les épisodes excepté le 4 qui place le contexte dans un hôpital psychiatrique désaffecté.

On croise au casting du film l’acteur Julian Richings, que l’on croise aussi dans Le Festin Nu (1991) de David Cronenberg, Cube (1997) de Vincenzo Natali, Mimic (1997) de Guillermo Del Toro, Urban Legend (1998) de Jamie Blanks, X-Men : L’affrontement final (2006) de Brett Ratner et Saw IV (2007) de Darren Lynn Bousman, qui interprète le monstre du film « trois doigts », et c’est plaisant : c’est un second couteau que j’apprécie voir.

S’en suit Détour Mortel 2 (2007) de Joe Lynch qui, pour une raison totalement incompréhensible a reçu de meilleures critiques que le premier opus alors qu’il est clairement moins bon. Et déjà, il y a un gros problème : Détour Mortel avait été réalisé avec 10 Millions, ce qui est déjà peu, mais Détour Mortel 2 fut réalisé avec un budget de 4 Millions ! 60% de moins ! Et ce n’est même pas ça qui a gâché le film…

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Détour Mortel 2 (2007) de Joe Lynch… Oui, on aurait tous préféré que ce soit David Lynch ! Quel navet !

Deuxième film et déjà, le scénario s’essouffle. Les personnages sont inutiles, aucun ne donne envie de s’attacher, mais la fin du film sauve l’honneur et certaines scènes sont suffisamment maîtrisées pour qu’à aucun moment le film ne soit désolant. C’est un slasher passable comme on en a vu des centaines, avec un postulat qui le démarque un peu…

Arrive ensuite Détour Mortel 3 (2009) de Declen O’Brian pour lequel j’ai un avis très tranché. Pour un budget inconnu, ce film jouit d’une qualité identique à son prédécesseur, voire même meilleure sur certains points scénaristiques. Mais, très clairement pas au niveau de la réalisation… Détour Mortel 3 a une fin pathétique digne d’un film de commande de bas niveau, ce qui brise définitivement la saga. Première réalisation de Declan O’Brian et nous sommes déjà dans le nanardesque pur. Que peut-il nous réserver ?

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L’une des meilleures scènes de la saga est une scène de cul entre deux lesbiennes… Allez tout de même voir La Vie d’Adèle (2012) d’Abdellatif Kechiche, c’est mieux !

Détour Mortel 4 (2011) et Détour Mortel 5 (2012) de Declan O’Brian, je les mets dans le même panier. Le néant artistique, néanmoins original, du scénariste/réalisateur me sidère. Il faut dire qu’entre ceux-ci et le précédant, il s’est permis d’offrir Sharktopus (2010) à la chaîne Syfy. Affolant. Puis il scénarisera The Marine 3 : Homefront (2013) de Scott Wiper, film que j’ai vu par hasard à cause de mon ami Thomas (vu étant un bien grand mot puisque j’ai dormi pendant une bonne partie du second acte) et dont je n’y ai vu que de la platitude. La nullité n’a pas de limite !

Pour en revenir à Une Virée en Enfer, je dois avouer ne pas avoir totalement détesté Une Virée en Enfer 3 (2014) de… Declan O’Brian. Je ne dis pas que le film est totalement réussi, bien au contraire. La réalisation et ses effets sont dignes d’un mauvais téléfilm allemand, la scène d’introduction est si longue que j’ai cru qu’elle allait déboucher sur une intrigue (alors que non, c’est minable), et même le générique donne l’air d’avoir été fait avec Movie Maker (vraiment c’est pathétique), mais plus le film avance, et moins il s’enfonce de sa nullité. Enfin, faut pas déconner, ça reste tout de même bien merdique, et je pèse mes mots ! Mais, par rapport à tout ce que Declan O’Brian a fait pendant sa carrière jusqu’ici, le résultat n’est pas trop mauvais. Lorsque l’on ne s’attend à rien, on ne peut pas être déçu (pour les fans de nanars) ! Je ne vais pas m’étendre sur le sujet parce que rien n’est à rajouter.

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Une Virée en Enfer 3 : juste le titre est une aberration.

Bref, le but de cet article était un peu de me payer un réalisateur médiocre pour souligner l’importance des autres films ou sagas que je traite habituellement : cela vous fera, je l’espère, relativiser sur la définition du véritable nanar, raté dans le fond comme dans la forme. C’est facile de dire que Declan O’Brian est un mauvais réalisateur (d’une incompétence abyssale même), et que Détour Mortel est une saga qui s’est lamentablement vautrée, mais il faut plus de courage pour affirmer que Une Virée en Enfer est un bon film. Cet article est un cadeau que je lui fais, ainsi qu’à tous les petits films cultes à regarder entre amis : n’est-ce pas là le véritable objectif du cinéma ?