Jamais 2 sans 3

C’est avec une exceptionnelle joie que je fais la critique, non pas d’un film, mais d’une pièce de théâtre. Pièce nommé Jamais 2 Sans 3 et jouée par les membres du club Psycothéâtre du Lycée Jean-Jacques Rousseau, le 28 mai 2014.

Je remercie l’amie July Richard pour les photos.

Si le début de la pièce peut paraître un tantinet audacieux, nous sommes très rapidement apaisés par un pseudo-twist lourdement prévisible mais très jouissif car soutenu par un sous-texte de mise en abîme subtil qui ne perd pas en intensité le long de la pièce, qui, morcelée, permet de rester proche de l’intrigue.

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Le registre comique n’est pas tant présent car, j’aurai reproché facilement à la troupe de ne pas avoir compris la magnifique (et tragique) histoire d’Antigone réécrite par Anouilh, or, ce n’est pas le cas. C’est fidèle sans être lourd. Je peux toutefois – à peine – reprocher le choix de la pièce Monsieur de Pourceaugnac de Molière, dont l’atmosphère moins oppressante qu’elle ne devrait semble trop s’éloigner du texte d’origine (toutefois, je suis le seul humain sur Terre à trouver Molière oppressant dans ses comédies). On souligne l’intelligence de mêler ces deux pièces plutôt sérieuses avec l’histoire de Cendrillon, remaniée parfaitement, et qui s’appuie sur les moments oubliés du conte, ce qui prouve encore une fois que les ré-interprétations originales ne peuvent donner que du bon, surtout dans une comédie. Quoi qu’il en soit, l’assemblage organisé de ces scènes donne un souffle dynamique à la trame narrative globale de Jamais 2 Sans 3.

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On salue la diction parfaite de tous les acteurs, un peu gauches pour certains, mais toujours très justes car, si la sincérité du jeu se ressent autant, c’est grâce à la volonté des comédiens de montrer à quel point ils aiment leur pièce, qu’ils ont travaillé leurs personnages, et qu’eux même sont touchés par leurs prestations respectives. Prestations qui, pour la plupart, sont à qualifier de surprenantes et de très convaincantes, sans viser personne car chacun a le droit à sa minute de perfection.

Finalement, sans s’être tordu de rire pour autant, on en sort avec un sourire sur les lèvres avec l’envie de dire “félicitation, c’était cool”.