Bonus – Critique du film Solaris (2002) de Steven Soderbergh

Le dossier de candidature à remplir afin d’intégrer l’ESEC, école de cinéma dans lequel je passerai mes 3 prochaines années d’études suite à mon obtention du Baccalauréat, puisqu’elle a émis, à ma grande joie, un avis favorable me concernant, (et excluant également un échec de ce dît bac, donc) me demandant de faire une critique concise du dernier film que j’avais vu en date, je publie aujourd’hui ces courtes lignes – amorçant au passage un article que je publierai très bientôt dans la continuité de mes travaux sur le cinéaste Steven Soderbergh – sur le dénommé incompris Solaris.

>>> Mon avis à propos de la première saison de The Knick <<<

Le Solaris de Steven Soderbergh, adapté du roman éponyme de Stanislas Lem, est un film de science-fiction qui a fortement divisé la critique et qui n’a également pas réussi à trouver tout-à-fait son public lors de sa sortie en salle en 2002, et ce, malgré le fait qu’il ait été produit par James Cameron. Pourtant, et même s’il reste dans l’ombre du chef-d’œuvre Solaris (1972) d’Andreï Tarkovski, duquel il s’inspire par ailleurs sans en faire pour autant le remake, il s’agit d’un film audacieux et très abouti.

image

Si vous n’avez pas vu la version d’Andreï Tarkowski, je vous la recommande. À l’opposé du film de Steven Soderbergh, il s’agit d’un film long et difficile à appréhender mais passionnant.

Il met en scène la confrontation entre Chris Kelvin (George Clooney) et un clone de sa femme décédée, Rheya, (Natascha McElhone) sur une station spatiale en orbite autour de la planète solaris. Soderbergh a su insuffler tout son talent dans ce film en officiant, comme à son habitude, en tant que directeur de la photographie – domaine dans lequel il excelle – ainsi qu’en s’éloignant judicieusement du genre de la science-fiction (qu’il ne maîtrise pas), se référant à l’histoire originale uniquement dans les grandes lignes et préférant centrer les enjeux de l’intrigue autour de la romance plutôt que sur les éventuels questionnements scientifiques que suscite solaris. Aussi, son implication dans l’écriture du métrage en fait un film immersif et contemplatif au rythme singulier et dont l’atmosphère est également transcendée par l’une des meilleures BO. de Cliff Martinez, ex-batteur des Red Hot Chilli Peppers et compositeur quasi-attitré du cinéaste.

Toutefois, deux aspects de Solaris viennent lourdement ternir son image et en font un Soderbergh mineur, contrairement, par exemple, à Sexe, Mensonges et Vidéo (1989) ou Traffic (2000) : d’une part, le trop-plein de lyrisme du film, appuyé par des références poétiques gratuites, l’handicape nécessairement, et, d’autre part, la chute du troisième acte restant relativement prévisible, et surtout, peu subtile, ne tient définitivement pas la comparaison avec celle de la version de Tarkovski, génialement glaciale et mystique.

image

Du même cinéaste, je vous recommande Hors d’atteinte (1998), toujours avec George Clooney.

En définitive, à l’instar de Kafka (1991), Solaris est un mélodrame joliment mis en scène par Soderbergh, oublié, il me semble, à cause de l’opacité du traitement de son sujet, mais qui mérite d’être vu, ne serait-ce que pour la beauté des décors trouvés par Philip Messina, et la réussite technique des effets spéciaux de Richard Baily.

Soit, cette critique « bonus » était courte, mais d’une part, cela me permet de vous tenir au courant de l’avancée de mon projet scolaire, et, d’autre part, cela me permet de vous annoncer que notre cycle sur Steven Soderbergh n’est pas terminé…