Flash Gordon, nanar ou chef d’oeuvre incompris ?

Dans les incontournables de la scientifiction – j’adore ce mot – se trouve une sous-catégorie du genre, bien appréciée des cinéphiles, le space opera. Il s’agit de placer les protagonistes dans un contexte d’exploration spatiale, ainsi que souvent d’exploration temporelle, plus ou moins réaliste selon l’oeuvre.

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Flash Gordon (1980) de Mike Hodges, un nanar culte.

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Flash Gordon, interprété par Sam J. Jones.

Le space opera est une base pour de nombreuses questions philosophiques (comme la plupart des sous-genres de la science fiction) et permet la création de mondes nouveaux repoussants toujours les limites de l’imaginaire collectif, amenants de nouveaux terrains de jeux pour les scénaristes comme pour les réalisateurs.

Le genre a fait le tour des tous les arts : dans la littérature (H2G2, L’Odyssée de l’espace, Dune), les séries animés (Albator, Capitaine Flam, Ulysse 31), les séries télés (Star Trek, Doctor Who, Stargate, Babylon 5, Cosmos 99), le cinéma et même les jeux vidéos (Starcraft, Mass Effect), le space opéra ne se fait pas rare et offre des œuvres aussi cultes que sensationnelles. Aujourd’hui, j’aimerai vous présenter un classique du genre, Flash Gordon (1980) de Mike Hodges, adapté du comic strip éponyme.

Synopsis : Flash Gordon, célèbre footballeur américain, et Dale Arden, journaliste, sont embarqués dans l’espace par le docteur Zarkov pour déjouer la destruction de la Terre par le despotique empereur Ming (joué par Max von Sydow) de la galaxie Mongo.

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L’empereur Ming et sa fille, la princesse Aura.

Pour la petite histoire, un homme du nom de George Lucas voulait adapter le comic Flash Gordon au cinéma, mais a finalement renoncé du fait que les droits appartenaient déjà à Dino De Lorentiis, producteur entre-autres de Dead Zone (1983) de David Cronenberg. Il a donc dû créer son propre univers en réalisant son film le plus connu : Star Wars (1977). Il est étonnant de voir que si Star Wars est devenu l’icône phare du space opéra de l’époque grâce, par exemple, à ses effets spéciaux révolutionnaires, Flash Gordon s’est planté et est devenu un film culte pour les amateurs de nanars. Pourtant, s’il est décelable à cet aspect (très) kitch du début des 80’s – tenues moulantes rouges et jaunes, hommes aux ailes d’aigles sortis d’un clip de disco, effets spéciaux sur fonds verts bien apparents -, il n’en reste pas moins assez sympathique, devenant, grâce à son esthétique assez datée, un pur fruit de son époque.

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Dr Zarkov, Dale Arden et Flash Gordon.

Ce qui le rend génial, c’est l’aspect résiduel des années 70 – qui ont amené des œuvres comme le Dark Star (1974) de John Carpenter – qui persiste et se prend au sérieux. Ce film se paie tout de même le luxe de posséder une (excellente) bande originale composée spécialement par Queen ! Le problème qui fait que malheureusement tout le monde s’en souviendra comme d’un simple nanar, c’est son retard : un an avant sortait Alien (1979) de Ridley Scott et Star Trek (1979) de Robert Wise ! De plus, Mike Hodges est un réalisateur à la filmographie intéressante mais sans grand succès commercial.

Bref si vous êtes cinéphile amateur de space opera et/ou de nanars, Flash Gordon est un film très particulier à voir au second degré, ne serait-ce que pour sa bande originale, et à conserver dans sa mémoire en tant que véritable petit plaisir coupable. Je vous le recommande fortement, d’autant plus si vous êtes un peu déprimé : c’est une œuvre qui redonne le moral quand vous ne l’avez pas.

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