Quel est mon compte-rendu de la saison 1 de The Knick ?

Je regarde excessivement peu de séries, principalement par manque de temps et de motivation. J’aime avoir un sens critique et un goût vis-à-vis des séries similaires à ceux que j’ai pour le cinéma, or je déteste devoir me lancer dans une série trop longue lorsque je ne sais pas où l’intrigue va converger, par peur de perdre mon temps principalement (c’est pour cette raison que j’apprécie les sitcoms réussies comme Friends, car je n’ai pas besoin d’y consacrer un temps trop sérieux sauf lorsque j’ai envie de me ressourcer). Toutefois, lorsqu’une série me tape dans l’œil, c’est souvent car une raison toute particulière suscite mon désir de la regarder. Pour parler schématiquement de ma curiosité envers House of Cards par exemple, il est bien évident que le nom de David Fincher à la production n’y était pas pour rien. Et bien, pour The Knick, c’est pareil, enfin presque.

>>> Mon avis à propos de Love <<<

Après avoir parlé de la série à plusieurs de mes amis, je me suis rendu compte que personne ne la connaissait, à l’exception notable de mon ami Younès, qui me l’avait d’ailleurs conseillée. Je sais bien que tous mes amis ne sont pas des spécialistes du sujet, donc j’aimerais amener plus de monde à voir The Knick.

image

The Knick correspond à tout ce que je recherche dans une série. Ce n’est pas un produit télévisuel préfait, c’est une série avec un cœur créatif qui s’attaque à un monde cruel mais fascinant.

Contrairement aux autres séries qui cherchent des réalisateurs sans pâte artistique pour la confection de la plupart des épisodes, The Knick se permet d’innover : l’intégralité des épisodes est filmée par Steven Soderbergh ! Ce qui est génial. Pour House of Cards, quelques défauts de mise en scène subsistent (même quand c’est pourtant Joel Schumacher qui passe derrière la caméra), ce qui n’est pas le cas avec The Knick. Cette série transpire le talent de Steven Soderbergh, avec ses légères contre-plongées, sa caméra toujours en mouvement, ses quelques amorces par-ci par-là, ainsi que sa photographie atypique. La musique de Cliff Martinez est également l’une de ses meilleures compositions et offre une atmosphère très particulière à la série, et qui achève d’y imprimer la marque Soderbergh. Les opérations chirurgicales sont très graphiques, rappelants au passage les meilleures heures de la filmo de David Cronenberg (ce qui n’est pas sans me plaire).

La série n’est pas facilement appréciable toutefois. Pour aimer The Knick, il faut avoir du goût, véritablement. Comme pour la plupart des œuvres de Steven Soderbergh d’ailleurs, je pense.

image

Je citerai Steven Soderbergh encore longtemps sur ce site, parce que le talent ne s’improvise pas !

L’un des talents du réal les mieux exploités par la série est sa capacité à savoir établir subtilement le caractère des personnages et leur offrir une place importante en développant convenablement leurs personnalités pour mieux comprendre les liens qui les unissent les uns aux autres (comme dans un film choral, ndlr). Ainsi, Soderbergh nous permet par exemple d’avoir de l’empathie pour des personnages aux idéaux racistes, car ceux-ci sont plus dus aux conventions sociales de l’époque que de leurs véritables points de vue. Son approche permet donc de créer de l’ambiguité et du malaise à travers le sort des protagonistes, et de lutter également contre les tournures trop politiquement correctes. L’ambiance est lugubre car les personnages sont seuls et luttent contre des démons abstraits.

La période dans laquelle se déroulent les évènements de The Knick nous permet d’avoir un recul et une appréhension vis-à-vis de ce qui s’y passe qu’on ne retrouve dans aucune autre série : les thèmes ne sont pas des gadgets et la série n’est donc pas divertissante mais bluffante, d’un haut niveau même pour un Steven Soderbergh (qui est, encore une fois, un cinéaste de renom). Ces thèmes sont très originaux. En effet, qui traite de l’apparition de la médecine moderne au début du XXème siècle ? Qui le fait de façon sérieuse, sombre, réaliste, et aussi aboutie ? Parce que, dans ce cas, on peut parler d’aboutissement (visuel, technique, scénaristique). Quelle autre série peut se permettre en plus de parler d’avortement, de racisme, de dieu, de drogue, d’adultère, de la pègre, etc, le tout en conservant un flegme irréprochable dans le traitement de ses sous-intrigues ? De plus, le retournement de cette première saison est assez renversant, très cynique et bien trouvé (même s’il est moins subtil que percutant). Pour parler également des acteurs (ce que je n’aime pas forcement faire lorsque je parle d’une série), je dois admettre en plus que tous sont excellents, même les moins connus du casting. Ce qui n’est pas si étonnant, car Soderbergh est en plus un bon directeur d’acteurs ! Je n’en citerai qu’un pour ne pas trop me lancer dans une liste longue et fastidieuse , Clive Owen. Cet acteur (même si je ne connais toutefois pas sa filmographie complète sur le bout des doigts) excelle dans son rôle à un niveau tel que je me demande si ce n’est pas le plus grand rôle de sa carrière. Il colle parfaitement dans le tableau, d’une justesse qui peut largement faire pâlir notre ami Kevin Spacey pour House of Cards.

>>> Mon avis sur Terminator : Genysis <<<

Bref, trêve de bavardages incessants ! Je n’ai trouvé aucun bémol, aucune faute, aucune faille dans l’accomplissement de cette première saison. J’espère sincèrement que le reste va suivre cette lancée et que je pourrais vous affirmer bientôt que la saison 2 fut, elle aussi, délicieuse. Car, je m’en vais, de ce pas décidé, entamer cette seconde saison. Si vous avez un petit peu de temps à vous accorder, lancez-vous. La saison est courte, mais riche en émotion.

Cet article est placé sous le signe du Phoque Bleu !