Mad Max : Fury Road, ou la brillante résurrection de George Miller

Cet article est placé sous le signe du Phoque Bleu.

Ce que la science-fiction a donné de mieux au cinéma s’est étalé de la fin des années 70 jusqu’à la fin des années 80. Et c’est au début de cette période qu’est né le personnage atypique et solitaire interprété par Mel Gibson dans le premier Mad Max (1979) de George Miller.

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Et on parle bien de ce joyeux monde de la science-fiction assez peu conventionnelle, d’anticipation, à travers cette licence qui s’apparenterait presque à un Easy Rider (1969, Dennis Hopper) du futur (la référence est purement gratuite).

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Le premier Mad Max est un film culte, mais le second est bien meilleur.

Malgré un sous-texte passionnant sur les chocs pétroliers, la “guerre” du pétrole, et un scénario très original à l’époque (et donc une influence non-négligeable sur la pop culture, on citera par exemple Saw (2004) de James Wan), je ne vois le premier Mad Max que comme un passage obligé pour voir sa suite, Mad Max 2 : le Défi (1981), qui reste définitivement un chef-d’œuvre de mise en scène. À la fin du premier, et dans tout le second, le personnage de Max est enfin ce qu’il doit être : torturé, fou, et sanglant, mais pas inhumain. Au final, le premier Mad Max est une sorte de Drive (2011, Nicolas Winding Refn), avec une côté dystopique en plus et un scénario beaucoup plus intéressant (la référence est moins gratuite cette fois-ci), tandis que Mad Max 2 est le pilier de la saga, retenu par l’histoire du cinéma pour toutes ses qualités cinématographiques. Ainsi, pendant des années, Mad Max est resté le film le plus rentable de l’histoire du cinéma, avant d’être détrôné par le Projet Blair Witch (1999, Eduardo Sánchez & Daniel Myrick).

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Et puis, est arrivé le troisième film, Mad Max : Au-delà du dôme de tonnerre (1985), « celui avec Tina Turner »… Qui est né une monstrueuse catastrophe scénaristique ! Ne sachant pas où aller, hésitant entre le clip de California Love (1996) de 2Pac et le Hook (1991) de Steven Spielberg, et crachant sur la licence en surfant sur un détail fondamental pitoyable… Mad Max sans voiture, c’est comme Retour vers le Futur (1985, Robert Zemeckis) sans voyage dans le temps : c’est insipide. Enfin, sans m’éterniser sur le sujet, c’est pour moi un écart dans la saga, une erreur incompréhensible. George Miller, on te pardonne…

>>> Et donc, que valait l’idée de faire une suite à cette licence quasi-oubliée, morte sous les coups de bâtons d’un troisième opus décevant il y a 30 ans ? Que vaut aujourd’hui, en 2015, un nouveau Mad Max, sans Mel Gibson ?

Et bien, Mad Max : Fury Road mérite amplement nos applaudissements. Faire un film aussi « mutant » à l’heure actuelle, c’est prodigieux. Car, soyons honnête, qui pouvait s’attendre à ce que, l’année où les gens ont pu apprécier un énième film Marvel, Avengers : L’ère d’Ultron (Joss Whedon), et s’attendent à être déçus par Terminator : Genysis (Alan Taylor) ou Jurassic World (Colin Trevorrow) – car il faut bien s’attendre à ce que l’un des deux soit médiocre, voire même les deux -, un quatrième Mad Max fasse une réapparition “tonnerre” aussi soudaine et soit aussi réussie ?

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La photographie de Fury Road est excellente, c’est l’un des points forts de ce film.

Pour faire concis, les moments de bravoure de Mad Max : Fury Road sont dignes des meilleurs plans d’un Tarantino survolté (on citera Boulevard de la Mort (2007) pour caser encore une référence gratuite dans cet article), la réalisation de George Miller est largement digne de Mad Max 2, mais surtout, le scénario tient la route. Et Tom Hardy s’en sort effectivement très bien dans son rôle de « Max Rockatansky », il porte très clairement le film (et j’étais un petit peu réticent face à ce changement, comme je suis souvent dans les spéctatives quand on parle de changement d’acteur). Quant aux autres personnages, ils sont tous excellents et ont tous une véritable âme, on pense évidement à Furiosa (Charlize Theron) qui offre le meilleur rôle féminin de la saga depuis Jessie (Joanne Samuel), la femme de Max dans le premier opus, mais également à Nux (Nicholas Hoult), un comic relief efficace mais aussi très touchant.

Bref, que vous soyez ou non fan des premiers Mad Max, je vous recommande d’aller voir ce dernier film : en attendant le prochain Star Wars, vous ne serez très clairement pas déçus !